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William Acker a tweeté :

Je suis très heureux de voir que ces panneaux vous choquent, car ils ne signifient pas seulement une interdiction aux nomades, mais une interdiction aux porteurs du statut de "nomade". C'est à dire majoritairement auxdits "Tsiganes" . Déroule ⤵️⤵️⤵️ https://t.co/kyXIoNYstZ
Domaine de Courances.... en 2020 https://t.co/i4TH4VzD6V

Ces panneaux sont la marque de 200 ans de lois discriminatoires en France, d'exclusion, d'assignation, d'internement, d'exécutions sommaires pendant l'épuration, de contrôle, de surveillance, de relégation et même de déportation.
La jurisprudence est régulière, leur présence est illégale. Malgré tout il en existe encore de nombreux en France.
Les premières interdictions de territoires coïncident avec la guerre franco-allemande de 1870, on interdit alors l'accès à tout un département, Saône et Loire en 1874 ou Seine et Oise en 1878.
Les "bohémiens" malgré une présence bien établie et une intégration éco depuis le XV siècle (premiers écrits sur la présence de grandes familles manouches, qui prospèrent toujours d'ailleurs) commencent à être considérés comme de potentiels espions en raison de leur mobilité.
Déjà l'obligation d'un passeport de l'intérieur dès 1795, la création du delit de vagabondage en 1810 et l'introduction d'un carnet de saltimbanque en 1863 avait consacré une forme de suspicion d'illegalité par nature.
Mais les vagues migratoires "tsiganes" des années 1860-1870 (rrom kalderash (empire russe), Oursari (balkans), Gitan (Espagne), Sinti (Italie)), le renforcement des polices locales chargées du contrôle des bohémiens,
le contexte de guerre et de tensions transfrontalières vont alimenter les pires rumeurs dans la presse et exacerber l'antitsiganisme en Europe, particulièrement en France.
Comme dirait l'historienne H. ASSEO, le XIX marque l'émergence de la "question nomade" et donc de ces panneaux d'interdiction. Il marque aussi le point de départ de 2 siècles de souffrance et de résistance.
Le statut de nomade est consacré en 1912 et instaure une catégorisation raciale. Même si tous les "bohémiens" ne sont pas devenus "nomades", le statut de distingue les nomades, des ambulants et forains. Il vise implicitement les "tsiganes" (Rrom, manouches, sinté, gitans...).
Le statut conduira à l'internement dès 1914 des "romanichels d'Alsace", à l'instauration d'exclusion systématiques et d'une errance institutionnalisée.
D'un contrôle et d'une surveillance policière rarement atteinte, de sédentarisation forcée, et de toutes les horreurs de la seconde guerre mondiale.
Ce statut est changé en 1969, remplacé par la catégorie administrative de gens du voyage, à peu de choses près la même chose, pas beaucoup plus moral. Ainsi le mot "Nomade" ne devrait plus être utilisé dans la nomenclature officielle, or il existe encore nombre de ces panneaux.
Le Conseil d'état, pourtant plus haute juridiction administrative de France, utilisait encore le terme dans des décisions de 2005. Régulièrement des responsables politiques l'utilisent, il est encore présent dans certains documents administratifs...
Cet état de fait démontre l'inculture totale des français et des françaises en la matière. Et on ne peut pas vraiment leur en vouloir, car cette histoire est effacée de la mémoire française. Nous ça nous fait mal de voir ces panneaux, vous vous ne les voyez plus.
Aujourd'hui encore on peut voir des interdictions de territoire prononcées. Et surtout le faible équipement d'accueil de certain département comme les Hautes Alpes où la présence des gdv est interdite dans 99,4% des communes pose question en matière d'égalité et de discrimination
Si seulement l'histoire française et européenne de nos peuples était enseignée à l'école, la simple présence de ce type d'affichage vous paraîtrait absolument insupportable. En tout j'espère que maintenant c'est le cas...

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