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William Acker a tweeté :

Aujourd'hui, quelque part entre les ruines, les grilles et cette forêt silencieuse de Pologne des survivants et des descendants se réuniront au Zigeunerlager de Birkenau pour la commémoration du génocide Rom et Sinti. https://t.co/X6nLASaWkI
2/3 August 1944 | The Germans liquidated the so-called Gypsy camp (Zigeunerlager - sector BIIe) of Auschwitz II-Birkenau. Around 4,200-4,300 children, women and men - the last Roma prisoners of the sector - were murdered in gas chambers. #Porajmos #2August #Roma #Sinti https://t.co/nOSTOtelNp

Ceux que les nazis considéraient comme de race Tsigane, avait un statut spécifique en France qui n'a pas attendu les allemands ou Pétain pour commencer ses persécutions dès la III République.
Les commémorations actuelles en France s'en tiennent à la question de "l'internement des nomades", prenant soin d'ignorer celle de l'assignation à résidence forcée, celles des massacres de nomades pendant l'épuration ou encore de la spoliation.
Mais aussi de la déportation. Les commémorations actuelles s'en tiennent à l'évitement de la déportation des "Tsiganes français", c'est partiellement vrai. Des centaines de personnes "nomades" furent déportées sous d'autres motifs (fallacieux).
La déportation des hommes du camp de Poitiers ou les convois Z (pour Zigeuner) du Nord de la France, marquent les deux actes de déportations de français en raison de leur "race tsigane". Plusieurs périrent dans les camps d'extermination à l'est.
En France les "nomades" furent internés dans une trentaine de camps de concentration en zone occupée comme en zone libre. De 1940 à l'été 1946 (bien après la libération) plusieurs milliers de familles y seront gardées par les gendarmes français.
Ce n'est qu'en 2016 que l'Etat reconnu enfin officiellement ces persécutions. En 1946 le Ministre de l'intérieur souhaitait "conserver les résultats heureux" de l'internement des nomades.
En 1949 il affirmait que le camp de Saliers en zone libre était en réalité un "village", où les barbelés sont "symboliques". Dans ce rapport il préconise des mesures, notamment un contrôle social et la création de lieux spécifiques réservés aux nomades.
Toutes ces recommandations ont été consacrées par la loi Besson en 1990 et en 2000 avec la création d'aires d'accueil, qui forment un système de lieux à l'écart, souvent insalubres, obligatoires et payants mais aussi un outil de sédentarisation.
Peut-être pour parvenir à ce que le Président de la commission interministérielle des questions nomades écrivit en 1971 "faire disparaître, pour les populations au milieu desquelles ils vivent, les inconvénients inhérents à leur présence".
Bref, il reste encore énormément de chemin mémoriel à parcourir pour ceux que l'Etat français qualifie toujours en 2020 de "gens du voyage".
La reconnaissance par la France du génocide Rom et Sinti, l'ouverture d'un débat sur les spoliation, la réhabilitation des nomades résistants, le financement plus important des recherches, l'enseignement de l'histoire des gdv, seraient certainement de bons points de départ.
Et pour celles et ceux que ça intéresse, il y a cet ouvrage reprenant une biblio historiographique importante, avec notamment toute une partie sur la France. Vous pouvez facilement le trouver en ligne. https://t.co/kQTstwf2rL

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