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Fil 198 proposé par tcb_officiel

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Nicolas Turcev a tweeté :

Vous vous rappelez, en 2015, quand les défenseurs des libertés (ces relous) avertissaient des dangers pour les libertés publiques de la légalisation des IMSI Catcher, des dispositifs de surveillance utilisés jusqu'alors de façon non officielle par le renseignement ?
Que le gouvernement jurait ses grands dieux que ces dispositifs, dont il reconnaissait le caractère intrusif, ne seraient utilisés que dans des cas exceptionnels liés principalement au terrorisme et à la grande délinquance ?
Que le projet de loi, dont le vaste champ d'application avait été maintes fois critiqué parce que la loi prévoyait la mise à disposition de moyens de surveillance très lourds aux services de police pour des affaires qui ne nécessitaient pas une telle atteinte à la vie privée ?
Que l'ensemble de la société civile avait alerté sur les dangers potentiels pour le respect des droits des militants et opposants politiques ?
Eh bien ces mêmes IMSI Catcher ont été largement utilisés pour collecter des informations sur les anti-Cigéo de Bure dans le cadre d'une instruction judiciaire ouverte après... des bris de vitre et deux départs de feux dans un hôtel.
Des centaines d'identifiants de cartes SIM et de métadonnées ont été aspirées indistinctement et sont tjrs conservés. Ils ont permis, en partie, d'établir une cartographie relationnelle poussée du mouvement. C'est Mediapart et Reporterre qui le révèlent : https://t.co/GYEbKpU319
Le truc, qui avait été anticipé par les assos de l'époque, c'est que les IMSI attrapent tout au vol et ça fait beaucoup de données à traiter. Et les services de police n'ont pas forcément le temps de tout exploiter : un grand classique.
Si je comprends bien le récit de Mediapart, il semblerait que seulement deux numéros aient vraiment servi à recouper des informations, sur plus d'un millier, dont les possesseurs, anonymes, ne savent même pas qu'ils font maintenant partie d'une base de données de la gendarmerie.
Plus largement, c'est le plus intéressant, l'article démontre bien comment la gendarmerie s'est convertie aux logiques du renseignement, ce qui était aussi une des craintes des opposants à la loi de 2015, qui actait de fait une porosité des missions entre police et renseignement
L'article est explicite et demande si la "surveillance n'est pas allée trop loin". Un avocat des anti-Cigéo dénonce "un dévoiement des outils judiciaires à des fins de surveillance et d’entrave des opposants" https://t.co/j7t6zq9KKI

Voilà documentées dans le détail les prédictions des détracteurs de la loi anti-terroriste de 2015, présentée à l'époque comme une simple "régularisation" d'une situation déjà existante (ce qui était faux) pour mieux lutter contre le "barbarisme".
Les prochains épisodes de l'enquête promettent d'être à l'avenant. Beau boulot @Lindgaard et @Mar_Barbier

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